Halle des Sports Fabrice Marchiol
La Halle des Sports Fabrice Marchiol à La Mure s’insère dans une plaine des sports déjà largement constituée en lieu et place d’une piscine démolie dans le cadre de l’opération. Le gabarit important du projet (40×80 mètres) et sa vaste programmation le positionne comme l’épicentre de ce site sportif. Son volume bi-corps permet par un coulissement de l’un sur l’autre de décomposer la massivité de l’ensemble.
Contexte
Succieu[38]
Maitre ouvrage : commune de Succieu
Statut : Livré
Programme
Salle festive et culturelle + Vestiaires rugby
Surface : 540 m² SDP
Budget : 865 000 € Ht
Spécificités
Géotermie horizontale
associée à une VMC double flux
Béton coulé en place avec motifs

Le projet n’a pas la tentation d’apparaître comme la version réduite d’un zénith délocalisé en campagne qui tenterait maladroitement d’apparaître comme le symbole d’une urbanité rassurante. C’est bien une salle des fêtes de campagne. Rien de plus.
Détails techniques


Le principe de fabrication est rudimentaire, des voiles périphériques coulés en place, une charpente métallique en origami sans entrait pour libérer les plafonds et des doublages.
“Les maçons du Moyen-Age savaient parfaitement que Dieu n’existe pas, mais ils espéraient qu’à force de lui bâtir des cathédrales, il finirait par exister.”
[François Cavana]


Le projet interroge l’architecture vernaculaire. Il s’appuie sur sa forme simple et archétypale : le pignon et son toit à deux pans. Il la manipule, ne conserve qu’un pignon, la déforme, l’accompagne vers une attitude contemporaine et questionne son statut. L’ élément de base de la salle est le fruit de la rencontre entre la tradition et la modernité.
Point de choix ici, simplement la tentative d’un accouplement, d’une rencontre amoureuse au milieu des champs.

“And it’s solid as a rock rolling down on the hazardous terrain“
[Alex Turner]


Le plafond n’est rien d’autre que le dessous du toit, le revers de la veste. Il se plie et se déplie dans l’espace, les arrêtes marquent soit un changement de matière, soit une la présence de la lumière.
Pignon perforé :


Le pignon perforé est coulé en place de la façon la plus simple possible. Des mannequins de 21 cm en polystyrène fixé par des clous sans tête et serrés par la banche, un coulage en deux affichages successifs avec un coulage quasi continu.
Le projet tourne le dos aux pavillons voisins qui réactivent des thèmes de l’habitat au travers d’un imaginaire actuel fantasmé : l’enduit saumon, la tuile provençale et les colonnades parfois. Le projet est un hommage rendu au territoire et à son identité, à l’enduit saumon il préfère le béton ocre, à la tuile provençale la patine du pisé et aux colonnades moulurées le plaisir simple d’un mur qui filtre la lumière.

“C’est le chant des galets qui enseigne la manière de bâtir un mur… Et quand un galet ne se trouve pas bien dans un mur, le mur ne se trouve pas bien debout.“
[Pierre Jakez Hélias]

Le pignon perforé évoque les murs existants parfois ajourés afin de laisser respirer les granges et assurer des ventilations transversales. Les perforations évoquent pour certains une citrouille magique le soir venu, pour d’autres des ballons de rugby. Peut-importe, les imaginaires s’y projettent.


La salle festive et culturelle, et ses vestiaires, s’implante avec douceur et malice dans le paysage de Succieu au sein du territoire des terres froides. Ses cinq petits volumes ordonnent deux espaces distincts à l’échelle. domestique. L’hommage rendu au béton par le travail de maçonnerie et de perforation permet au projet de porter les signes de son époque et de son histoire.
Projet suivant