Espace Simone Veil – Maison des Associations
L’espace Simone Veil s’insère dans un tissu urbain caractéristique de la plaine du Grésivaudan. Ici l’espace de la fonction républicaine, la mairie, l’école et l’espace culturel, là les lotissements des années 50, et au loin les montagnes à portée de main. Le projet perpétue la logique de l’ordonnancement séculaire des constructions et du vide. Il n’a pas pour ambition de s’affirmer à tout prix et croit à la cohérence de son insertion comme incarnation de la justesse.
Contexte
Villard-Bonnot [38]
Maître Ouvrage : Communauté de Communes du
Grésivaudan
Statut : Livré
Programme
Espace associatif à destination social et solidaire
Surface : 390 m² SDP
Budget : 780 000 € Ht
Spécificités
Construction bois de Chartreuses
Chaufferie Bois et VMC double flux
L’espace Simpone Veil reprend les codes des maisons de maçon qui constituent le lieu : volumétries, fragmentations, doux désordre des constructions vernaculaires et agencements aléatoires. L’espace Simone Veil manipule ces règles tacites, tourne parfois le dos au PLU, et rend hommage à l’intuition et la mémoire constructive.

Détails techniques :


Le projet prend le partie de ne pas systématiquement chercher à montrer la présence du bois, forçant le geste à tout prix en cherchant à le voir en tout point du bâtiment. La structure est de ce fait invisible, elle assume son statut de squelette et disparaît sous la peau de l’ouvrage. Elle associe des voiles ossatures bois à des fermettes.
“Les lois, comme les maisons, s’appuient les unes sur les autres.”
[Edmund Burke]


Le projet accueille le Planning Familial, le secours Populaire et une association prenant en charge des femmes atteintes du cancer. Il regroupe des individus qui connaissent un passage délicat de leur vie, une parenthèse sombre dont il faut sortir. Il accueille une intimité qu’il faut soigner à l’aide des mots et rassurer par l’écoute pour expliquer que l’espoir est toujours là. Le projet embrasse ces notions et convoque la lumière comme une promesse et le filtre comme une politesse.

“L’aventure ne se trouve pas à l’extérieur, elle est à l’intérieur.”
[David Grayson]


Il les manipule sans emphase et crée un espace binaire qui se protège de l’extérieur par sa volumétrie, et s’ouvre généreusement à l’intérieur. L’espace Simone Veil présente à l’espace public un visage volontairement austère qui n’invite pas intuitivement à entrer. Il n’est pas destiné à tous mais bien à un public très spécifique qui s’y rend volontairement, il cherche donc à créer un seuil immatériel de mise à distance pour protéger l’intimité qui y est créé.
Le bâtiment fragmente sa volumétrie pour offrir un gabarit qui reprend les caractéristiques des constructions voisines et un espace à l’échelle réduite afin de renforcer la domesticité du lieu. Il est composé de plusieurs éléments qui semblent autonomes les uns des autres qui ménagent des espaces interstitiels, des retraits, des failles, des accroches à la structure urbaine et fabriquent ici une entrée, et là une échappée visuelle.

Descriptif :


La salle polyvalente de la façade ouest est protégée par un filtre métallique poinçonné qui extrapole une photo de cimes d’arbres. Il offre une protection solaire adaptée et un filtre pour l’intimité.
Il est construit intégralement en bois, de sa structure à son bardage en passant par la couverture, et met en œuvre du Douglas local provenant des forêts de Chartreuse toute proche. Le matériau de construction est produit à quelques dizaines de kilomètres du chantier. Un dialogue franc est engagé avec la matière, point de mensonge, ni d’image d’Epinal, mais bien la volonté d’initier avec le matériau un échange honnête et savant.

“Si en bâtissant on écoutait les avis de tous le monde, le toit ne serait jamais posé“
[Proverbe Mongol]


La façade est rythmée par le bardage bois et des lames métalliques blanches qui opèrent un dégradé sur l’ensemble.
Les filtres agissent à la fois comme des protections de l’intérieur vers l’extérieur, filtrant la lumière et les regards, mais également comme des révélateurs maladroits en offrant une vision troublée de l’intérieur.


“Il n’y a de bonne intimité que crépusculaire.“
[Michel Tournier]

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